Les Combustibles, d'Amélie Nothomb

Les Combustibles, d'Amélie Nothomb
Présentation de l'éditeur :

Si vous ne deviez garder qu'un livre, lequel choisiriez-vous? Il ne s'agit pas cette fois d'en emmener un seul sur une île déserte mais de sacrifier une bibliothèque... Pour se chauffer ! Encore un thème éternel revisité avec panache et inventivité par Amélie Nothomb, dont on ne se lassecidément pas.


Mon avis : 3ème livre d'Amélie (publié en 94) et unique pièce de théâtre qu'elle ait écrite à ce jour, ce livre minuscule (à peine 80 pages) nous fait réfléchir sur l'importance des livres et ce que nous choisirions entre se cultiver ou se réchauffer. La pièce traite ainsi du rôle vital de la littérature en remettant en question la valeur des œuvres, sous forme d'allégorie de la critique littéraire.
Le
cynisme si caractéristique de l'auteur est toujours présent, et on s'en délecte avec joie.
Mais à la fin de l'ouvrage, un goût de bâclé se fait sentir : malgré ses questions philosophiques (nécessaires) et ses réflexions oiseuses et pédantesques sur la Littérature (avec un grand L), la discussion manque de fond. Et on nous laisse sur fin. On en attendais plus, c'est dommage.


Extraits :

«
On a le sens de l'éternité ou on ne l'a pas : c'est inné. »

«
On lit pour découvrir une vision du monde. »

« Un
livre, c'est un détonateur qui sert à faire réagir
les ge
ns. »

« La
guerre est dans la nature humaine. »

« Qu
e notre vie n'ait pas de valeur artistique, c'est très possible. Raison de plus pour que la littérature en ait une. »

«
LE PROFESSEUR. Je sais, Marina. Je n'ai plus rien à brûler.
MARINA (en regardant la bibliothèque). Et ça ?
LE PROFESSEUR. Les étagères ? Elles sont en métal.
MARINA. Non, le livres.
Silence gêné.
DANIEL. Ce n'est pas du combustible, Marina.
MARINA (avec un sourire ingénu). Mais si, Daniel. Ca ble très bien.
LE PROFESSEUR. Si nous nous mettions à brûler les livres, alors, vraiment, nous aurions perdu la guerre.
MARINA. Nous avons perdu la guerre.
LE PROFESSEUR. Allons, mon enfant, vous êtes très fatiguée.
MARINA (avec un sourire joyeux qui la rend ravissante). Ne faites pas semblant de ne pas le savoir. C'est notre deuxième hiver de guerre. L'hiver dernier, si l'on nous avait dit qu'il y en aurait un autre, vous auriez conclu : "Alors, c'est que nous aurons perdu la guerre." Pour moi, elle était déjà perdue l'hiver passé. Je l'ai compris au premier jour de froid.
LE PROFESSEUR. C'est parce que vous êtes trop frileuse. Normal: combien pesez-vous ? Quatre-vingts livres ?
MARINA. Je pèse deux mille livres: le livres que vous brûlerez pour me réchauffer, Professeur.
DANIEL. Arrête, Marina.
MARINA (très douce). La nature est injuste. Les hommes ont toujours été moins frileux que les femmes. Grâce à la guerre, j'ai compris que c'était ça, la plus grande différence entre les sexes. Ainsi, en ce moment, vous croyez que j'ai perdu l'amour des livres. Moi, je crois que vous n'avez jamais été capables de les aimer vraiment: vous les avez toujours vus comme du matériel pour vos thèses, et donc pour votre avancement.
LE PROFESSEUR. J'adore l'air limpide avec lequel cette jeune fille nous injurie.

MARINA. Ce n'est pas assez.
LE PROFESSEUR. Comment ? Je vous en donne deux à la place d'un seul, petite garce.
MARINA. Vous déraisonnez, Professeur. Un Kleinbettingen vaut plus que deux Sterpenich.

DANIEL. Eh bien ! Brûlons Le Bal de l'observatoire ! Et vous aussi vous irez le relire à la faculté.
LE PROFESSEUR. C'est impossible. Je ne peux pas lire ce livre-là en public, après le mal que j'en ai dit.
DANIEL. Ah ! Et devant moi, ça ne vous gêne pas ?
LE PROFESSEUR. Non. Ja pars du principe que tout assistant considère son maître comme un imbécile. Alors, devant vous, je ne vois pas ce que j'ai à perdre.
DANIEL. Vous me stupéfiez ! Il m'avait toujours semblé que c'était le contraire: que tout professeur considérait son assistant comme un imbécile.
LE PROFESSEUR. Mais c'est aussi la vérité. Le tiers exclu n'est pas valable en psychologie, comme vous le savez. Et c'est l'un des charmes des relations entre professeur et assistant que ce mépris réciproque déguisé en respect admiratif. »

Un autre extrait ici.
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# Posted on Tuesday, 20 May 2008 at 1:10 PM

Edited on Tuesday, 20 May 2008 at 1:34 PM

Citation du jour

Citation du jour



x▫ ° ▫x x▫ ° ▫x x▫ ° ▫x x▫ ° ▫x x▫ ° ▫x x▫ ° ▫xx▫ ° ▫x




Il y a toujours mille raisons pour s'enfermer.

Sortir est beaucoup plus difficile.



Claudie Gallay
Extrait de Les Déferlantes




x▫ ° ▫x x▫ ° ▫x x▫ ° ▫x x▫ ° ▫x x▫ ° ▫x x▫ ° ▫xx▫ ° ▫x

# Posted on Monday, 19 May 2008 at 12:08 PM

Prenons le bus...

Prenons le bus...


Histoire d'égayer le paysage urbain, ou tout simplement pour répondre à une pulsion créatrice sortie d'on ne sait où, on trouve parfois des arrêts de bus étranges et insolites ici et là...



Il y en a un ici,

un autre là.



Mais aussi plusieurs ici



et surtout là (les mieux, selon moa).

# Posted on Sunday, 18 May 2008 at 9:26 AM

Cleaner

Cleaner
Ancien membre de la police de Trenton, Tom Cutler se recycle comme nettoyeur de scènes de crimes, un métier honte qui lui permet d'élever seul sa fille Rose avec la conscience tranquille.
L
ors de sa dernière mission, il s'aperçoit que le crime dont il a effacé les traces n'a jamais été signalé à la police. Quand Ann Norcut, la femme qui habite la maison où il vient d'intervenir, lui demande de l'aider à trouver une piste sur son mari disparu, Tom comprend qu'il a été piégé.
Pour éviter de se voir impliqué dans cet assassinat, il va falloir qu'il aide Ann à découvrir la vérité. Eddie Lorenzo, son ancien coquipier et ami, peut l'aider. Mais Tom va vite découvrir que tout le monde garde de lourds secrets.



Lo
in de la grosse superproduction qui a fait sa réputation Renny Harlin revient avec Cleaner, petit film par son ampleur et ses moyens. Une sorte de retour aux sources ou un semblant de maturité pour le réalisateur avec ce petit polar suivant Samuel L. Jackson spécialiste du nettoyage des scènes de crime qui se retrouve embarq dans une enqte bien mystérieuse sur fond de flics
ripo
ux ? Le problème ce qu'on prait Renny Harlin plutôt immature.
Ceux qui s'attendent à un polar tendance Au Revoir à Jamais,langeant fusillades tonitruantes et enqte révélant un passé mystérieux, risquent bien de déchanter une fois passé une première bobine franchement encourageante. Ici pas l'ombre d'une scène d'action ou même de la petite escarmouche syndicale. Même pas une poursuite mollassonne en bagnole à se mettre sous la dent. Et un Renny Harlin sans scènes d'action ni morts violentes bien barrées c'est un peu comme un porno sans scènes de cul : c'est juste con. Mais ici le pire c'est que ce n'est pas seulement con, c'est aussi très chiant.

Le
problème de baser tout sur le whodunit ? Avec trois acteurs principaux et sans rien d'autre pour faire diversion pendant les 85 minutes du film, c'est que le spectateur aura très vite compris, au bout de 10 minutes de film grand maximum, le pourquoi du comment. Un mystère pas bien difficile à résoudre sauf pour le héros, un ex-flic en plus, interprété par Samuel L. Jackson à qui il faut encadrer en gros les indices et lui flanquer sous le nez par deux fois dans le film, et qui est la seule personne à croire aux fausses pistes lancées par le scénariste Matthew Aldrich.

Les acteurs font ce qu'ils peuvent et enchaînent chacun leur tour leur petit numéro, Ed Harris en tête. Mais comme d'habitude c'est Samuel L. Jackson qui emporte l'adhésion. Que ce soit dans un futur chef d'oeuvre ou bien un nanar se donnant les allures de grosse production, le héros de Black Snake Moan assure toujours autant etficie de son capital sympathie immense auprès du public. Il est l'unique et bonne raison de se déplacer pour aller voir Cleaner.
Chose que l'on fera sûrement pas pour la mise en scène de Renny Harlin que l'on a connu plus inspirée. Lealisateur Finlandais utilise abusivement d'artifices périmés censés combler le manque d'action et de vivacité de l'ensemble. Artifices se traduisant par des nombreux inserts ultra cut sur les actions des protagonistes, le tout amplifié par un mixage sonore retentissant. Effets pénibles il y a quelques années et qui fait désormais franchement sourire depuis le génial Hot Fuzz d'Edgar Wright.
Un postulat de part attrayant que l'on espérait voir partir vers un épisode de CSI viant et pervers, mais qui se révèle au final aussi palpitant qu'un épisode d'Arabesque.

Malgré la déception, plus ou moins grande suivant l'estime que l'on a pour le bonhomme, le film est largement au-dessus des dernières alisations de Renny Harlin, telles que Le Pacte du Sang, L'Exorciste : au commencement ou bien encore Driven.
Pas
non plus un exploit au vu du sastre de ces derniers films, mais un encouragement, voir un espoir de retrouver l'un de nos bourrins préférés aux commandes de productions un peu plus respectables.

# Posted on Saturday, 17 May 2008 at 4:36 PM

Numb3rs

Numb3rs
Les mathématiques, ça explique tout...
Tout bonnement j'ai déjà demandé ce que voulait dire, se donner à 100% ? Et comment font ceux (ou celles) qui se vantent de se donner à PLUS de 100% ?

Voici une explication scientifiquement prouvée qui peut donner à réfléchir...

Si l'on considère que :
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Correspondent à :
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26

Alors faisons des comparatifs :
- T R A V A I L = 20+18+1+22+1+9+12 = 83%
- E N G A G E M E N T = 5+14+7+1+7+5+13+5+14+20 = 91%
- C O M P E T E N C E = 3+15+13+16+5+20+5+14+3+5 = 99%

On s'approche du sultat, n'est ce pas ? Alors continuons :
- A T T I T U D E = 1+20+20+9+20+21+4+5 = 100%
- D I S C I P L I N E = 4+9+19+3+9+16+12+9+14+5 = 100%

I
mpressionnant, non ? Continuons donc :
- V A N T A R D I S E = 22+1+14+20+1+18+4+9+19+5 = 113% ... Là, on vient de péter le 100% !

Voyons jusqu'où cela peut nous mener...
- LECHER LE CUL = 12+5+3+8+5+18+12+5+3+21+12 = 120%
- CIRER LES POMPES = 3+9+18+5+18+12+5+19+16+15+13+16+5+19 = 133%
- S U C E R L E B O S S = 19+21+3+18+12+5+2+15+19+19 = 173%

Alors la prochaine fois que quelqu'un (e) vous dira : "Moi, dans mon travail, je me donne à plus de 100%", vous saurez pourquoi !

# Posted on Saturday, 17 May 2008 at 5:46 AM

Edited on Saturday, 17 May 2008 at 12:29 PM